Conférence de l’écrivain Fabrice Hadjadj
Sur la question de la sexualité
vendredi 26 septembre de 15h30 à 17h30 Salle Scalbert
On croit souvent qu’il n’y a pas plus éloignés l’un de l’autre que le « libertin » d’un côté et le « puritain » de l’autre. Fausse opposition qui nous laisserait penser que le premier est soit un homme libre, soit un décadent et que le second serait la figure même de la moralité soit dans ce qu’elle a de plus noble, soit dans ce qu’elle a de plus « castrateur ».
Et si l’un et l’autre ne représentaient en réalité que les deux visages d’une même méconnaissance de la présence de l’Esprit dans chaque fibre de notre chair ? N’est-ce pas là pourtant la vérité que nous invite à reconnaître le Mystère de l’Incarnation ?
Fabrice Hadjadj est un écrivain français né dans une famille de confession juive, converti au catholicisme en 1995 et baptisé à l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes en 1998. Il se présente lui-même comme "Juif de nom arabe et de confession catholique". Il est professeur de philosophie au lycée privée catholique Sainte Jeanne d'Arc de Brignoles, au séminaire de Toulon, ainsi qu’à l’IPC à Paris. Il a reçu le grand prix catholique de littérature 2006 pour son essai <cite>Réussir sa mort, Anti-méthode pour vivre</cite><cite>, paru aux Presses de la Renaissance.</cite>
Classé parmi les deux cents personnalités catholiques qui comptent, en France, selon l’hebdomadaire La Vie (numéro spécial 3264 du 20 au 26 mars 2008), Fabrice Hadjadj publie en 2008 cet ouvrage au titre provocateur : « La profondeur des sexes : pour une mystique de la chair ». Il écrit dans « Panorama » et dans « Famille chrétienne ».
Réflexion après la conférence
Vendredi 26 septembre dernier, nous avons eu la grande joie d’accueillir dans l’Institution Monsieur Fabrice Hadjaj, écrivain et philosophe, professeur de philosophie dans un lycée catholique du Var ainsi qu’en séminaire à Toulon. Lors du week-end organisé par le centre du Hautmont, fin septembre, il nous a paru intéressant de profiter de sa notoriété et de la présenter à une grande partie des élèves de terminale. Le sujet traité par M. Hadjaj était « la sexualité », sujet intéressant et complexe à la fois.
Il peut sembler paradoxal de caractériser notre époque comme étant marquée par la haine du sexe. Le succès de la pornographie, l’utilisation récurrente d’images suggestives à diverses fins publicitaires, la reconnaissance de communautés fondées sur le choix sexuel, la banalisation des accessoires et des soutiens chimiques au service d’une activité à laquelle le Surmoi moderne nous obligerait, tout cela pourrait nous laisser croire que nous vivons une époque de grande liberté et de grande tolérance…
Pourtant, il apparaît que derrière la débauche d’images et de discours divers qui tournent autour de ce sujet, c’est bien la peur et la haine qui nous animent : l’étalage ne fait que dissimuler la question fondamentale de qu’est l’Autre pour l’Un sous l’une de ses formes les plus courantes : qu’est-ce qu’une femme pour un homme et comment se définit un homme par rapport à une femme ? « Heureusement » que la grivoiserie est là pour nous permettre d’échapper à ces questions qui pourtant nous travaillent tout au long de notre existence et déterminent plus ou moins insidieusement nos choix.
Nous avons pu apprécier l’attention et le questionnement amorcé par de nombreux jeunes (et moins jeunes) : qu’ils aient pu entendre sur cette question un discours autre, qui n’est ni celui de l’érotomane, ni celui du censeur, discours qui a pu, par ailleurs, susciter des réactions et stimuler des discussions, voilà qui s’inscrit parfaitement dans le cadre d’une mission qui s’est donné pour objectif de dépasser les seuls impératifs scolaires dans la formation des jeunes qu’une nouvelle vie appelle, bientôt et parfois bien tôt. A en juger d’après l’intérêt suscité chez une grande majorité d’entre eux, nous pouvons encore espérer qu’ils fassent mieux que nous, nous qui appartenons, c’est mon opinion, à cette génération qui, à l’instar des précédentes, semble n’avoir rien voulu savoir de ce qu’engage la relation à l’autre sexe.
Jérôme Delangue, professeur de philosophie.

