Lundi 18 octobre

Nos élèves de Terminale, recevaient aujourd'hui dans le cadre de l'opération de la dictée d'ELA, Monsieur Franck Beria, footballeur professionnel au LOSC.
Monsieur Beria nous a fait l'honneur de dicter -à nos élèves de seconde- le très beau texte de Marc Levy "Une gifle de lumière"

Ici on Dicte !

Monsieur Beria est visiblement impliqué avec passion dans cette action à laquelle partout en France, plus de 200.000 élèves ont participé.

Merci à Jean Dequen, Paul Bizien, Paul Ribéro ,Héloise Zimmermann, Paul-Edouard VanLaer, Guillemette Ricour, Marie-Morgane Bouy, Antoine Lesur, Philippine Lauzanne, Mégane Lepers, avec la présence de Chantal Dequen ( Mère de Jean et Vincent Dequen ) représentante de l'association dans le nord pas de calais.
Le site de l'association ELA

Une gifle de lumière

Des années ont passé, je me souviens encore de Lucie Martinez, cette fille transparente et silencieuse que nous faisions semblant de ne pas voir. Ce jour-là, elle était seule comme toujours pendant la récréation sur le banc devant la fenêtre de la classe, comme absente. Nous courions dans tous les sens, criant et riant dans la clameur et la bousculade de nos jeux.

C’est alors que le grand Renaud s’arrêta pile devant elle, goguenard, et se mit à déambuler, à couiner et à grogner allant et venant genoux pliés et bras ballants comme un singe. Elle resta figée un moment, leva enfin les yeux, se mit debout en se déhanchant à cause de sa jambe trop courte, et se dressa de son mieux devant lui. Je m’arrêtai de courir, frappé d’une soudaine inquiétude pour cette fille désarmée, qui se tortillait pour tenter de grandir à hauteur de Renaud hilare devant elle. Il me sembla qu’un silence inattendu s’étendit sur la cour de récréation. Lucie Martinez ouvrit un bras, et gifla Nollard d’une claque violente. Je m’approchai, d’autres élèves aussi. Lucie Martinez leva le bras à nouveau, une deuxième gifle retentit. Nous entourions Nollard, il ne lui restait plus qu’à s’en retourner, bougonnant un juron. Lucie Martinez tremblait un peu. Elle se tourna lentement vers nous, claudicante, son regard allait de l’un à l’autre, et un sourire éclaira son visage d’une pâle lumière.

 Mon copain Chambon lui mit la main à l’épaule : « ma vieille, tu es formidable, je n’ai jamais vu un lancer pareil. On a déjà deux filles, on a besoin de toi aussi dans l’équipe, alors tu viens demain avec tes baskets, et si tu ne peux pas sauter pour aller au panier, je te mets en défense dans l’équipe de basket, vu ? ».