Les Littéraires et Maria Pistekova

Je fais partie du Club Théâtre du Lycée, je suis élève en Première L et j’espérais depuis longtemps rencontrer une comédienne « pour de vrai ».

                      

        Quel bonheur lorsque nous avons appris la venue de la comédienne Maria Pistekova !

C’était le vendredi 1er décembre 2006, une date inoubliable. En Première L, nous attendions avec impatience cette invitée de M. Quiniou, qui avait été présentée par Mme Haussy.

        D’origine tchèque, cette comédienne souriante et passionnée, directrice d’un théâtre à Dinan en Bretagne, nous a dévoilé sa vie et son parcours. Durant deux courtes heures, elle a exprimé sa joie et son besoin d’affirmer sa foi chrétienne à travers ses pièces et ses rôles, traces nombreuses et profondes du temps où son peuple était persécuté, soumis à la dictature soviétique. Son personnage de prédilection ? Jeanne d’Arc, « une grande libératrice qui mérite sa renommée ». Accompagné par M. Carpentier, professeur de philosophie et Mme Avanzini, notre professeur principal, notre groupe de 1èresL/Terminales L , convié en « V.I.P » par Mme Goblet, qui s’était chargée de l’organisation de la rencontre (Merci encore) lui a posé des questions sur son passé, sa vie, ses œuvres. Elle nous a expliqué ce qu’est la vie d’une comédienne au quotidien et en quoi consiste la « mission » qu’elle veut remplir. Pour elle, le fait de monter sur scène est d’abord un véritable acte de communication nous confie-t-elle sur le mode de la complicité, de la confidence presque.

        Pour mon plus grand bonheur, j’ai eu l’occasion de monter sue scène pendant cette rencontre. Maria nous a cédé la scène - elle n’en est pratiquement pas descendue durant l’échange. Nous fûmes trois, puis quatre à y monter. Au programme, improvisations : animaux (baleines et autres bestioles), expression de sentiments (colère, tristesse, joie…), situations extrêmes (« Je vais mourir ! Je ne peux plus marcher ! ») … Nous sommes ensuite retournées à nos places, fortes de nos émotions… Une séance riche en action !

        La discussion a repris puis Maria Pistekova a rappelé quelqu’un sur scène : ce fut moi ! C’est le moment que j’ai préféré, celui où, seule avec elle sur scène, je me suis mise dans la peau d’un enfant qui appelait sa maman et ensuite d’un bébé qui faisait ses premiers pas. Ces rôles paraissaient anodins, faciles peut-être : il fallait les rendre crédibles et se donner « à fond », quoi que puissent penser les autres. J’avais le sentiment que, sur scène, le public, connu ou inconnu, était à moi. J’étais sereine et je jouais avec et pour ces personnes. J’ai beaucoup apprécié qu’elle nous ait invités à être des participants. Point besoin de discours interminables qui rendent souvent les rencontres ennuyeuses. En montant moi-même sur cette toute petite mais si agréable scène, je voulais convaincre « mon » public que le théâtre est un art vivant qui s’adresse à tous.

 

                                               Marion Formisano, 1ère L