2009 - 2010 : une année sacerdotale

A l'occasion du 150° anniversaire de la mort du curé d'Ars, Saint Jean-Marie Vianney, le pape Benoît XVI a annoncé le 16 mars, dans son discours de la Congrégation pour le Clergé le lancement d'une année sacerdotale, du 19 juin 2009 au 19 juin 2010.
"Fidélité du Christ, fidélité du prêtre", tel est le thème de cette année, durant laquelle Benoît XVI proclamera saint Jean-Marie Vianney "Patron de tous les prêtres du monde" , il était jusqu'à présent patron de tous les curés.

Voici un historique succinct de la vie de ce saint Homme :

I - Biographie du Curé d’Ars :

 Vivre pour Dieu et les âmes


         Introduction

       Pour l’ouverture de l’année sacerdotale, Benoît XVI a publié le 16 juin dernier une « lettre aux prêtres ». Celle-ci s’appuie entièrement sur l’exemple de Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars. Les références y sont très nombreuses. C’est aussi à l’occasion du 150e anniversaire de sa mort que le Saint Père a décrété une année consacrée au sacerdoce durant laquelle il a proclamé saint Jean-Marie Vianney « Patron de tous les prêtres du monde ».

       Combiens de jeunes et moins jeunes, séminaristes et prêtres ont été et sont encore aujourd’hui marqués par l’exemple de Jean-Marie Vianney ?

       Ce grand frère dans la foi m’a fasciné. Durant deux années, j’ai désiré vivre à l’école de Monsieur Vianney, dans le petit village d’Ars. C’est donc pour moi une belle occasion d’essayer de vous le faire découvrir. Je me permettrais donc quatre petites interventions dont la première aujourd'hui concerne :

         I –       Sa biographie : vivre pour Dieu et les âmes

       Les prochaines interventions auront pour thème :

         II –     Sa spiritualité : l’amour de Dieu et le souci de le faire aimer

         III –   Actualité de son message : Essai de réponse

         IV –    Un modèle pour évangéliser : un précurseur de la nouvelle évangélisation

       

       Si la figure de Jean-Marie Vianney dérange, c’est parce qu’elle rappelle, non pas le modèle du prêtre d’une époque révolue, mais bien l’identité propre de celui qui est configuré à Jésus-Christ, seul et véritable bon Pasteur. Relire sa vie, c’est essayer de comprendre quels sont les éléments qui permettent à un jeune de tisser une intimité avec Dieu jusqu’à vouloir lui consacrer sa vie et désirer la vivre parfaitement avec pour secret : tout donner et ne rien conserver.

8 mai 1786 Naissance à Dardilly, près de Lyon dans une famille de paysans plutôt aisés. Son enfance est marquée par la ferveur et l’amour de ses parents. Le contexte de la Révolution française va cependant influencer sa jeunesse : il fera sa première confession dans sa maison natale. Il recevra l’absolution d’un prêtre clandestin. Deux ans plus tard, il fait sa première communion dans une grange, lors d’une messe clandestine, célébrée par un prêtre réfractaire. Avec ses amis, il s’amuse à mimer la messe dans les champs : « C’est presque toujours moi qui faisait le curé ».

1806             A 17 ans, il choisit de répondre à l’appel de Dieu : « Je voudrais gagner des âmes au Bon Dieu ». Mais son père s’y oppose violemment car on a besoin de Jean-Marie à la ferme. Il commence une laborieuse formation auprès de l’abbé Charles Balley, au presbytère d’Ecully. L’enseignement et la personnalité de son père spirituel le marquera à jamais.

1810             Au premier examen du grand séminaire Saint Irénée, il reçoit la note « debilissimus » (le plus faible) mais son exceptionnelle piété fait l’admiration de tous.

13 août 1815         Ordonné prêtre à l’âge de 29 ans à la chapelle du Grand séminaire de Grenoble       par Mgr Simon. Il est alors nommé vicaire de l’abbé Balley à Ecully.

18 février 1818     Il est envoyé à Ars, petit village de 300 âmes : « Il n’y a pas beaucoup        d’amour de Dieu dans cette paroisse, vous l’y mettrez » lui dit son évêque.         Arrivée à proximité du village et perdu dans le brouillard, il demande son         chemin à un petit berger Antoine Givre : « Tu m’as montré le chemin d’Ars, je      te montrerais le chemin du Ciel ».Cet évènement est aujourd’hui marqué par le   Monument de la Rencontre à l’entrée du village d’Ars.

1821                        Ars retrouve le statut de paroisse et l’abbé Vianney en devient le curé.

A partir de 1822   Il entreprend de restaurer et d’embellir son église, tâche qu’il poursuivra       jusqu’à sa mort. « Rien n’est trop beau pour le bon Dieu ». Il réussit à    détourner l’immense tabernacle prévu initialement pour l’église saint Sulpice        de Paris. Les chasubliers de Lyon s’exclament ainsi : « Il y a un petit curé dans   les Dombes vêtu d’une soutane rapiécée, qui n’a que trois sous pour lui mais   toute la richesse pour acheter tout ce qu’il y a de plus beau pour son église».

1824             Il ouvre la Maison de la Providence pour en faire une école gratuite pour les filles. Dans la campagne du XIXème siècle, seuls la plupart des garçons sont instruits. Elle deviendra plus tard un orphelinat.

Vers 1830   Début de l’afflux des pèlerins et des pénitents à Ars. Ils ne cesseront de venir toujours plus nombreux, et ce jusqu’à sa Mort. Le Curé d’Ars ne pourra presque plus quitter sa paroisse, il s’occupera exclusivement de ses paroissiens et des pèlerins.

1843             Grave maladie du curé d’Ars, qui précède la première « fuite ». Il y aura trois autres fuites, face à l’ampleur de sa charge et la prise de conscience de des faiblesses et de son indignité. La dernière fois, il fut rattrapé au milieu de la nuit par ses paroissiens qui avaient fait sonner le tocsin. Il regagna alors son église et se mit à confesser, dès une heure du matin. Il dira le lendemain : « J’ai fait l’enfant ».

1849             Il fonde l’école des garçons qu’il confie aux Frères de la Sainte Famille de Belley.

1852             Il refuse le camail que lui remet Mgr Chalandon, évêque de Belley et le vend au profit des pauvres.

1855             Il refuse également la légion d’honneur que lui remet Napoléon III et la donne à son auxiliaire, l’abbé Toccanier.      

1858             On dénombre 100 000 pèlerins environs à Ars. Le curé d’Ars passe jusqu’à 17 heures par jour au confessionnal. Ce sont plusieurs centaines de personnes qui arrivent au confessionnal dont Lacordaire ou encore les Princes d’Orléans. Le délai d’attente pour s’approcher du Saint Curé va de 2 à 5 jours.         

4 août 1859           Naissance au Ciel du curé d’Ars, à deux heures du matin, après         épuisement et s’être livré jusqu’au bout de l’amour. Il est mort « sans agonie         et sans violence, ayant conservé sa connaissance jusqu’à son dernier        soupir ».

9 août 1859           Mort d’Antoine Givre, le petit Berger, relativement jeune encore. La prophétie         du Curé d’Ars s’est ainsi réalisée 41 ans après son arrivée à Ars. (41 ans après)

 

 

Depuis Pie IX, élu en 1846, soit treize ans avant la mort du curé d’Ars, tous les papes jusqu’à Benoit XVI ont vénéré le saint Curé et l’ont proposé en exemple pour tous les prêtres :

8 janvier 1905       Béatification par Pie X et déclaré « Patron des prêtres de France ».

1925            Canonisé par Pie XI, la même année que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

1929            Proclamé « Patron de tous les curés de l’univers ».

1959            A l’occasion du centenaire de sa mort, Jean XXIII lui consacre une lettre encyclique                   Sacerdotii Nostrii Primordia. A ce jour, le curé d’Ars est le seul saint qui a fait l’objet                  d’une lettre encyclique.

Octobre 1986        En pèlerinage à Ars, Jean-Paul II martèlera à trois reprises lors de ses                                   discours : « Le curé d’Ars demeure pour tous les pays un modèle hors pair, à la                      fois de l’accomplissement du ministère et de la sainteté du ministre ».

                                 Jean-Paul II conservera longtemps une statue du curé d’Ars sur sa table de                            chevet. L’un des gestes les plus répétitifs de Jean-Paul II au début de son                               pontificat, emprunté au saint Curé d’Ars, consiste à vénérer d’un baiser le sol                            d’un lieu qu’il visite pour la       première fois. En arrivant à Ars, l’abbé Vianney                              avait embrassé le sol en signe de celui qui vient au nom de l’amour de Dieu.

Septembre 1988   Suite au pèlerinage du Pape Jean-Paul II, ouverture du Séminaire International                        de la Société Jean-Marie Vianney qui comptera jusqu’ à 140 séminaristes et du                        Foyer Sacerdotal Jean-paul II pour l’accueil des prêtres du monde entier qui                            souhaitent passer quelques jours auprès du saint curé.  

Septembre 1999   Ouverture du foyer Marcel Van,  regroupant une douzaine de collégiens et                              lycéens désirant réfléchir et discerner la vocation sacerdotale.

Aujourd’hui            Quelques 500 000 pèlerins passent chaque année à Ars. Aussi, Benoit XVI                               envisage de consacrer ses prochaines catéchèses du mercredi au Curé d’Ars.

                          La prochaine intervention portera sur la spiritualité du curé d’Ars.

 

Jean-François

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