La lettre pastorale de Mgr Laurent Ulrich 

"La joie du Seigneur est notre rempart"

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Laurent ULRICH , Archevêque de Lille, Le 17 août 2009

A tous ceux qui travaillent dans l’Enseignement catholique

Chers amis, l’été se termine et c’est le moment de la rentrée. J’espère que vous avez pu profiter des quelques semaines de vacances pour vous reposer et que vous abordez cette nouvelle année scolaire le cœur joyeux.

Dans la lettre que je vous adressais l’an dernier, je formulais le vœu qu’un document soit rédigé, qui dirait à tous ceux et celles qui s’adressent à l’Enseignement catholique de notre diocèse le projet de notre institution. Une commission a travaillé ; un texte a été écrit, amendé et voté fin mai par le CODIEC. Il sera diffusé un peu partout dans les jours et les mois qui viennent, et je vous demande aussi d’en être les promoteurs.

Que les choses soient bien claires : ce texte ne dit pas « ce que nous sommes ». Il n’est pas « un arrêt sur image » : ce serait grande illusion de le croire. Il dit ce que nous aimerions devenir. L’Enseignement Catholique est depuis toujours une école en chemin. La route, nous la faisons ensemble, dans la diversité de nos engagements et de nos responsabilités et je vous remercie encore pour la place que vous prenez.

Je vois deux chances à ce document « grand public » :

1. Dans nos écoles, collèges et lycées, il va permettre le débat, la précision sur ce que nous voulons proposer aux familles qui nous confient leurs enfants et leurs adolescents. Je voudrais vraiment que ce texte soit une base de réflexion, d’ajustement, d’actions nouvelles, et une référence pour les années qui viennent. Il reviendra au Conseil de Tutelle de le déployer et de vous offrir les moyens de le mettre en œuvre.

J’imagine bien que ce texte va faire réagir, et je m’en réjouis !  Il voudrait nous faire sortir d’un consensus  trop silencieux et nous inviter chacun à prendre parti pour un meilleur service des jeunes. Au moment où nous fêtons le cinquantième anniversaire de la loi Debré qui fixe un cadre précis d’ouverture et de liberté pour les établissements sous contrat d’association, ce texte voudrait nous inviter à une plus grande liberté dans la prise de parole, dans le respect de la conscience de chacun,  et dans l’aménagement des rythmes et des initiatives scolaires. Dans le service national de l’éducation des jeunes générations, notre Enseignement catholique a une place originale à tenir : pas supérieure, mais différente, au nom de l’évangile qui est, rappelons-le, notre unique raison d’être.

Si ce texte pouvait délier les langues et les pratiques, s’il pouvait nous faire progresser dans la recherche commune d’une juste école catholique, il aurait atteint son but. Mais s’il devait rester dans des tiroirs et nous faire continuer comme si de rien n’était, il y aurait alors à s’interroger sur notre avenir. Et à nous inquiéter !

2. Je vois dans ce texte aussi une chance pour les familles qui s’adressent à nous. Il dit bien « le sang qui coule dans nos veines ». Il ne présente pas d’abord l’Ecole catholique comme une institution modèle ou un appareil extraordinaire, mais comme une communauté humaine qui réfère ses projets à Quelqu’un. Nous savons bien que les familles, en grande majorité, ne s’adressent pas à nous d’abord pour le caractère chrétien de nos établissements, mais par respect pour elles, nous ne pouvons pas ne pas leur dire, au moment où elles s’adressent à nous, l’esprit qui nous anime. J’encourage donc les chefs d’établissements, et tous les cadres des établissements, à présenter ce document aux familles au moment des inscriptions. C’est une question de vérité et de respect. Ce texte est un instrument de dialogue au service de la liberté de chacun.

         Tout récemment, le Pape Benoît XVI a fait paraître une nouvelle encyclique sur la doctrine sociale de l’Eglise. Il y est question « d’amour dans la vérité ». Je vous encourage à découvrir ce texte qui peut sous tendre en partie nos projets d’éducation. A temps et contre temps, Benoît XVI évoque « le nécessaire développement de tout homme et de tout l’homme », c’est à dire de l’homme dans sa dimension physique, morale, intellectuelle et spirituelle.  C’est aussi le projet de notre Enseignement catholique : lieux de formation et d’éducation, nos établissements sont appelés à s’interroger sans cesse sur leurs pratiques et sur leurs projets éducatifs, pédagogiques, pastoraux. Et à ne jamais se croire arrivés. Nous avons, dans la société, une parole originale à proposer, un sens de l’homme et de l’Histoire. Nous avons à « permettre à chaque jeune qui le décide d’adhérer en toute lucidité à une conception de l’homme et de l’humanité qui ouvre sur un projet de construction personnelle et collective[1] ».

 

         C’est la chance et la grandeur de notre institution.

         C’est la joie et le souci que nous partageons ensemble.

         Je vous souhaite une belle rentrée.

         Bien amicalement.

+ Laurent ULRICH

 

[1] Éric de Labarre, Secrétaire général de l’enseignement catholique