Abbé Robert TALMY : 1967-1996
A la fin de l'année scolaire 1967, M, le chanoine Vandewynckèle est nommé curé de Saint-Jean-Baptiste de Roubaix. M, l'abbé Talmy prend la direction du Collège. Docteur en théologie, docteur en lettres, il était au collège depuis douze ans.
De son prédécesseur, il écrira : « M. Vandewynckèle voulait un collège qui fût à l'image de l'Église : ordonné comme elle à une entreprise commune; solide comme elle et fort de son passé ; catholique comme elle, pour comprendre et respecter la jeunesse ; ouvert comme elle pour former des élèves qui fussent des témoins du christ. Le dessein était noble, grandiose même, mais à la mesure des talents de celui qui le poursuivait. »
A cette époque, l'Établissement compte 1160 élèves et 67 professeurs. Pour la première fois, 15 filles franchissent en 6e les portes de la moyenne division.
Quelques mois plus tard, la France sera secouée par les événements de mai 1968 que le Collège traversera sans à-coups.
En septembre 1969, grande innovation : nouvelle cuisine et restauration en self-service dans une salle neuve avec vue sur le parc . A midi, mille repas sont déjà servis chaque jour. L’ancien réfectoire peut alors être métamorphosé et devenir salle de conférences (avec matériel cinématographique) .En 1971, la grande étude de la partie lycée fait peau neuve.
Silence, on tourne
En 1970, le collège a été le décor pour certains plans du film " L'aveu" réalisé par Costa Gavras avec Yves Montant. Le scénario extrait d'un roman d'Arthur London traite de la mise à l'écart de Lazlo Rajk, dirigeant communiste de la Russie dans les années 40 et qui fut mis à l'écart du pouvoir par Staline...
Ouverture de l’annexe
Et, poursuivant son oeuvre, le Collège continue son développement : 1340 élèves la rentrée de 1968, 1407 à celle de 1970, 1630 à celle de 1972.
Il faut encore agrandir, et le 14 septembre 1972 verra l'ouverture de «l'annexe » au 145, rue Poincaré à Marcq, sous la direction de M. Dupont.
Le succès est complet :
- 3 classes en 1972 et 85 élèves,
- 12 classes en 1976 et 320 élèves.
Toujours le sport
Dès 1945, le Collège avait reconstitué son écurie en rachetant des chevaux et sous
l'autorité de Jean Petitprez, l'équitation retrouve sa place dans l'éventail des activités sportives.
En 1966, avec l'appui financier des Haras nationaux, l'Établissement s'était doté d'un manège couvert, mais progressivement le Collège prit ses distances avec sa cavalerie. C'est ainsi que dès novembre 1966, une société hippique distincte du Collège avait été fondée.
Dissoute en 1973, la société hippique cède son manège au Collège, qui l'aménage en salle de sports pour les filles. Mais, si le Collège a abandonné sa participation aux grandes manifestations sportives de l'UGSEL, son activité reste soutenue.
Dès 1969, une nouvelle salle a été construite pour les garçons.
La grande chapelle en détresse
Après avoir en 1976 ouvert cet oratoire au centre de la grande division en face de la nouvelle salle de réunion, il faut, en 1980, remettre en état la grande chapelle et ouvrir un coûteux chantier : « Le merule s'est installé dans les poutres maîtresses de la toiture, l'humidité gagne les contreforts qui pourrissent... »
Les travaux achevés, l'autel sera déplacé et installé au centre de la chapelle.
« La croissance est de retour »
Année après année, le collège poursuit son essor:
- 1977 : 2 001 élèves
- 1980 : 2 137 élèves
- 1982 : 2 175 élèves
- 1984 : 2 212 élèves
- 1985 : 2 302 élèves
Le corps professoral se composait de 42 professeurs au lycée, 83 professeurs au collège, 16 professeurs en classes élémentaire, 3 aumôniers plus les comptables, secrétaires, directeurs de division, infirmière... soit un encadrement de 169 personnes.
« C'est assurément dans le domaine de la vie sacramentelle que le collège a connu l'évolution la plus rapide et sans doute la plus profonde ; il y règne désormais un climat de liberté, alors que l'enseignement religieux est demeuré obligatoire. on peut certes regretter que les célébrations liturgiques ne soient pas plus nombreuses, surtout quand elles regroupent une forte majorité de participants. Mais on ne saurait parler de démission, quand on découvre de mieux en mieux que les sacrements sont des gestes de la foi. Si l'éducation de la liberté religieuse chez l'adolescent exclut formellement toute forme de contrainte, de pression ou de chantage, elle nécessite sûrement chez l'adulte l'accueil l'échange et le témoignage de ses propres convictions. »
M. l'abbé Talmy supérieur
Volonté affirmée : 150 parents et élèves se consacrent à cette tâche de la catéchèse des jeunes.
Nouvelle étape en catéchèse : la prise en charge des élèves de huitième par ceux de seconde ; comme ceux de septième et de quatrième par les grands de première et de terminale. Une responsabilité qui suscite toujours beaucoup de candidatures.
Défense de la liberté d’enseignement
Le collège est bien sûr présent aux grandes manifestations des 25 février 1984 à Lille et 24 juin à Paris pour réaffirmer que :
Unanimes, déterminés, dignes, nous sommes porteurs d’une immense espérance au service des enfants et
des jeunes.
Et toujours s’agrandir...
En 1985, comme le Collège, l'annexe a bénéficié d'une restauration en libre-service.En 1986, pour répondre à une demande croissante, il faut agrandir. Ce qui est fait en construisant en façade.
En 1989, le centre de documentation et d'information et la bibliothèque. Qui reconnaîtrait ici l'ancienne salle des fêtes? Après avoir été salle de jeux, elle est maintenant bibliothèque et les galeries des chahuteurs sont devenues mezzanines pour des livres rangés...
En 1989 et 1990, de nouvelles classes dans les anciens dortoirs de moyenne division. Tous ces investissements (les nouveaux laboratoires de physique-chimie, de sciences naturelles, de langues, les salles d'informatique), la qualité du corps professoral, l'atmosphère générale de travail, engendrent des succès scolaires plus qu'enviables
Pendant l'été 1993, la cour du lycée change d'aspect .En effet, de nouveaux locaux hébergent les classes de terminales. Réalisée par l'architecte M. Lauriot, la façade est un puit de lumière grâce à la verrière. Le grand changement réside dans la construction d'un amphithéâtre. C'est un mini-cinéma, alimenté d'une vidéothèque fournie, qui est d'une richesse inépuisable pour les cours d'histoire-géo.
Pour pallier au nombre croissant d'élèves et pour satisfaire certaines ambitions, le collège a inauguré le 1er février 1996 une nouvelle salle de sport. Accolée à la salle des garçons, elle est consacrée à la gymnastique et au tennis de table. Désormais il ne faut plus ranger les agrès au terme de chaque séance, les installations sont fixes. Toute cette place gagnée a donc permit de réaménager les vestiaires et d'y installer des douches et toilettes sans oublier un nouveau système de chauffage puissant, rapide et fonctionnel.
L'ouverture de cette nouvelle salle de sport permit de récupérer l'ancienne salle de tennis de table et d'offrir aux élèves trois locaux supplémentaires: une salle de musique, une salle audio-visuelle et une salle de dessin.
Pour des raisons techniques, il a fallut déplacer l'ancien orgue construit en 1928. Le travail fut confié à Bernard Cogez, ce facteur de Tourcoing réussit à récupérer, rediapasoner et reharmoniser un certain nombre de tuyaux de l'ancien orgue. Il y ajouta même cinq nouveaux et construisit un coffret en cèdre rouge ainsi que des sommiers et une solide mécanique. Le résultat est une petite merveille, non seulement pour les organistes de renom qui viennent le découvrir mais aussi pour les parents qui n'en croient pas leur oreilles.
Il fut donc inauguré le 26 mai 1994 par Philippe Lefebvre directeur du conservatoire de Lille et organiste de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il interpréta un programme conçu pour l'orgue dont il avait supervisé la construction : 4 oeuvres de Jean-Sébastien Bach, l'Offertoire sur les grands jeux de François Couperin et la Fantaisie en ré mineur de Mozart ...
Le nouvel orgue a même servi à l' élaboration d'un compact disc. En effet avec la collaboration de Michel Alabau et de la maison d'édition Triton Audio Pic, "Jean Sébastien Bach, 14 pièces d'orgue" prit jour. Il fallut pas moins de trois nuits d'enregistrement pour mener à bien une telle entreprise. Pour faire connaître le C.D., un concert fut réalisé le 2 février avec l'appui de FR3.



















