Laurent ULRICH

Archevêque de Lille

 

Lettre à tous ceux qui travaillent dans l’Enseignement catholique

 

                                                                                          Lille, le 31 août 2011

 Chers amis,

 L’été est vite passé et nous voici à l’heure d’une nouvelle rentrée scolaire. Après un bon temps de repos, chacun de nous va reprendre son poste et ses responsabilités pour que vivent nos écoles, nos collèges et nos lycées et que les jeunes et les enfants dont nous avons la charge puissent vivre une bonne année.

 La fin de l’année dernière a été difficile : bon nombre d’entre vous a été troublé par les fermetures de classes, les soucis économiques et administratifs, l’inquiétude sur la rentrée, les effectifs, les projets de réformes… Je veux ici souligner votre ténacité et vous en remercier : oui, ensemble nous sommes responsables du devenir de l’Enseignement catholique dans notre diocèse.

 Mais notre année a été marquée aussi par quelques beaux moments, notamment la 1° assemblée de la Tutelle diocésaine que j’avais souhaitée dans ma lettre de l’an dernier, et par les États généraux de l’animation à Paris auxquels a participé une belle délégation de Lille. Ces rencontres-là, et d’autres aussi à tous niveaux, vous ont permis de réexprimer vos attentes, de dire ce qui vous tient à cœur et ce que vous attendez pour les années qui viennent. Avançons ensemble, si vous le voulez bien.

 Lors de l’assemblée de la Tutelle diocésaine, à laquelle participaient aussi des délégués des Tutelles congréganistes, j’ai entendu clairement votre désir de mieux vous approprier le projet diocésain, tel que nous l’avons mis en forme en septembre 2009. Le document circule, certes, mais peut-on vraiment dire qu’il a été      « reçu » ? Il faut que nous progressions sur cette question. Ce projet est un phare, une boussole pour chacun de nos établissements, et pour chacune des composantes de nos écoles, collèges et lycées. Il dit bien ce que nous sommes et ce que nous voulons devenir pour que notre Enseignement catholique vive vraiment sa mission spécifique : accueillir toutes les familles qui le désirent, mais aussi librement  proposer la foi, faire naître et grandir dans nos établissements des communautés chrétiennes. Notre projet exprime cela, mais c’est encore sous forme d’ébauche et nous avons chacun la possibilité de participer à son développement. Il peut devenir une source et un souffle.

 J’ai entendu clairement aussi votre désir d’être rejoints et accompagnés, plus encore qu’aujourd’hui, parce que votre tâche n’est pas facile sachant qu’elle demeure passionnante, vous l’avez dit aussi. Avec le conseil de tutelle, nous allons imaginer, dans les mois qui viennent, d’autres formes de « visite de tutelle », qui nous mettrons davantage en relation les uns avec les autres et qui nous permettront de développer plus encore qu’aujourd’hui un « esprit de famille » : dans nos établissements et entre établissements ; entre 1° et 2° degrés ; entre Enseignement catholique et tout le diocèse de Lille. Les nouveaux doyennés peuvent y contribuer. C’est un travail de longue haleine, une marche de fond, qui va nous appeler chacun à des ajustements : je compte sur chacun de vous.

 

Marie-Claude Tribout nous rejoint cette année, comme directrice diocésaine. Avec André Verrier pour le 1° degré, leurs collaborateurs et le conseil de tutelle, elle nous aidera à progresser en ce sens là et je lui souhaite la bienvenue en votre nom.

Je souhaite que tout au long de cette nouvelle année nous puissions, avec la Direction diocésaine, prendre les moyens de déployer tranquillement quelques aspects de notre projet diocésain. Cela se fera à partir d’une certaine communication que vous pourrez retrouver dans chaque établissement. Ce sera notre façon à nous d’explorer       « l’archipel du Vivre ensemble » dont il est tant question dans l’Enseignement catholique.

 Cette communication nous aidera à ‘(Re) commencer’ une année scolaire en nous appuyant sur ce qui a déjà été vécu : chacun de nous a beaucoup à recevoir des intuitions qu’ont déployé les fondateurs de nos établissements et ceux qui ont travaillé avant nous. En vous appuyant sur l’histoire de vos établissements, je vous appelle à développer une « fidélité créatrice »…

 Il s’agira ensuite de ‘(Re) connaître’ celles et ceux avec qui nous œuvrons : je crois vraiment que la richesse de l’Enseignement catholique, c’est la diversité des personnes qui en font partie, mais je crois tout autant que sa fécondité, c’est leur volonté de se reconnaître et de travailler ensemble pour le bien commun de nos établissements… Prenez le temps, cette année, de mieux vous connaître et de vous rencontrer au-delà de ce qui existe aujourd’hui. Nous avons tout à y gagner.

 Viendra enfin le temps de ‘(Re)susciter’ parce que – vous le savez bien – rien n’est jamais gagné, parce que rien n’est jamais acquis et que nous avons besoin que d’autres se joignent à nous – des plus jeunes surtout – pour  que vive et se déploie le projet de notre Enseignement catholique. Cette année, plus encore qu’hier, appelez à temps et à contre-temps des jeunes et des adultes à se lever et à prendre des responsabilités. Sans jamais présumer leur réponse !

 Tout cela ne sera pas sans lien, vous l’avez bien deviné, avec les fêtes du centenaire de notre diocèse qui se préparent. Les multiples rencontres que nous vivrons cette année nous donneront de croiser la parole et la vie, l’évangile et nos pratiques, nos métiers et nos missions.

 Le thème de cette deuxième année est ainsi énoncé : pour le dialogue de la foi et du salut en approfondissant en nous le goût de la Parole de Dieu. Et la prière du centenaire s’exprime ainsi : donne-nous de chercher dans ta Parole le goût de vivre et d’aimer. C’est dire que ce que nous visons à travers cette deuxième étape, c’est de nous mettre en état de rencontre, d’échange et de désir de partager le trésor qu’est pour un chrétien cette rencontre étonnante et véridique du Christ.

 Puis-je vous inviter à aller découvrir, dans l’évangile selon St Marc (1,21 et suivants) ce beau récit qui nous raconte une journée dense de Jésus à Capharnaüm, tout aussi dense que celles que nous pouvons vivre dans nos établissements en ces jours de rentrée ! Il y a, dans ce texte quelques clés pour vivre cette nouvelle année : on y voit le Christ qui va et vient et qui a le souci d’aller à la rencontre de tous, et de les (re)connaître. Pour lui, il n’y a pas de lieux, pas de temps, pas de personne à qui ne pas dire l’évangile de la vie. On le voit, heure après heure, (re)commencer des relations, aller vers ceux qui ne savent pas bouger et accueillir tous ceux qui viennent à lui. Et on le voit (re)susciter des énergies, relever des personnes, les intégrer, et leur donner des responsabilités… Il apporte une parole neuve et pose des actes qui font poser question. Il change les relations entre les personnes, il fait naître avec une infinie patience une véritable communauté humaine. Il développe un nouvel art de « vivre ensemble » : n’est-ce pas aussi notre responsabilité ? On le voit prendre le temps de se mettre à l’écart, de relire ce qu’il a vu et fait, et de présenter à son Père la vie de ceux qu’il a croisés.  Sans ces temps-là, il manquerait quelque chose à nos équipes…

 Je rêve que nos équipes s’attachent plus encore qu’aujourd’hui à l’évangile, parce qu’il porte en lui de la vie pour chacun et pour le devenir de notre société. Saurons-nous – ensemble – nous mettre dans son sillage et rendre notre Enseignement catholique plus prophétique encore ?…

Je rêve qu’à la mission d’enseignement et d’éducation qui est votre métier s’ajoute toujours plus le goût de proposer aux enfants et aux jeunes de nos établissements un sens nouveau de l’existence.

 Voici des perspectives que je vous offre pour l’étape de  2011/2012 !

Vous savez mon désir de vous être utile, et vous pouvez être assurés de mon accompagnement dans l’amitié et la prière.