Mardi 5 avril 2011
C'est dans le cadre de notre première Commission locale informatique et libertés
(CLIL) que nous avons eu l'honneur de recevoir Monsieur Alex Türk sénateur du Nord et directeur de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL). Nous avons signé le partenariat avec la CNIL puis nous avons écouté Monsieur le Sénateur nous sensibiliser aux enjeux pédagogiques en matière de nouvelles technologies. Nous avons eu tout loisir de poser nos questions puis de présenter nos actions de prévention au sein de notre Institution.
Axes de collaboration avec la CNIL
- La mise en place d'une « Commission Locale Informatique et Libertés ».
- La réalisation d'ateliers d'information destinés à assurer la sensibilisation à la loi « informatique et libertés ».
- La participation des partenaires à des rencontres visant notamment à présenter les actions mises en oeuvre dans le cadre de leur partenariat.
- L'impulsion par l'Institution Libre de Marcq de la désignation de correspondants auprès des établissements d'enseignement sous contrat d'association avec l'Etat et l'identification des sujets d'intérêt commun dont la CNIL pourrait être saisie.
- La mise à disposition des correspondants des établissements d'enseignement sous contrat d'association avec l'Etat d'un service de réponse rapide et personnalisé aux demandes de conseils relatives à l'application de la loi « informatique et libertés ».
Enjeux
Sur fond d'unilatéralisme américain et en matière de technologie de la communication notre société a vécu trois phases importantes ces trente dernières années: les actions successives et conjuguées de l'acquisition d'ordinateurs personnels, interconnectés via Internet que s'approprient désormais les usagers de Smartphones. Ces phases se sont succédé et en ont surajouté en termes d'enjeu. Le système est devenu mobile et complétement diversifié. Les entreprises garantes des services qui sont proposés sur la toile déposent nos données dans ce qu'on appelle désormais le « cloud computing ». Dans cet éther numérique flottent nos données personnelles qui sont lues dans le but de développer des stratégies de publicité ciblées. Le risque réside dans la dissolution voire dans la perte de contrôle des données personnelles confiées - dans ces data centers - et l'exploitation de ces dernières par des individus peu scrupuleux.
Face à ces transformations l'attitude naïve qui consiste en ce leitmotiv : « Rien à cacher, rien à se reprocher », c'est-à-dire à communiquer ou laisser communiquer sa vie sans se soucier de l'exploitation qui peut en être faite, doit être écartée pour faire la place à une approche pédagogique pour les élèves.
C'est tout l'enjeu auquel l'Institution veut répondre dans le cadre de ce partenariat. Les systèmes Informatiques n'oublient pas et gèlent -au moins virtuellement- l'évolution naturelle de la personnalité de chacun. Les adolescents comme les parents doivent en avoir conscience. L'oubli est une fonction naturelle qui nous permet de passer à autre chose, d'évoluer, de
s'épanouir. Or, l'oubli n'est pas au programme dans le monde virtuel.
C’est donc le devenir même de nos enfants qui est en jeu.
Parce qu’il n’existe pas de solution technique applicable pour résoudre le problème, c’est donc entre la chaise et le clavier qu’il est possible d’agir et éviter d’être pris au piège de la Toile. Il nous incombe d’éduquer les adolescents à cette nouvelle problématique en les aidant à structurer les attitudes et les aptitudes propices à la conservation de ce qu’il y a de
plus sacré, leur vie privée. Conscients des enjeux, peut-être seront-ils à même de se les approprier, de n’être plus considérés comme des victimes potentielles mais bien comme des acteurs de leur devenir et comme le disait récemment Erik
Orsenna leur permettre de « s’inventer » dans cet espace. Cela ne sera possible qu’avec l’appui des parents. Il y a urgence ! Cela n’est plus de l’ordre du constat, c’est de l’ordre du combat précise Monsieur Türk[1].
Gilles Corbeaux,
responsable de la communication.
[1]Alex Türk, éditions Odile Jacob, avril 2011, « La vie privée en péril ».

